Maman en alternance: la valse des sentiments.

maman-en-alternance-la-valse-des-sentimentsQuand on parle de garde alternée, notre attention se dirige naturellement vers les personnes qui subissent, qui « n’ont rien demandé » et sur qui il faut veiller :

Les enfants.

 

Oser écrire cet article m’a pris du temps.

Et pour cause, le sujet est un sujet « touchy »….nous entrons dans la sphère de  l’inavouable …..

 

Quand j’ai traversé cette période de l’apprentissage de mon nouveau  statut de « maman alternée », j’aurai aimé trouver des écrits qui me rassurent et me fassent comprendre que je n’étais, non seulement pas seule dans ce cas, mais aussi juste un être humain, normal dans son imperfection.

 

La croisade des bien-pensants.

 

La garde alternée une semaine chez papa / une semaine chez maman, pour les enfants « c’est perturbant » disent les juges ;

c’est « mieux parce qu’au moins ils voient leurs 2 parents » disent certains parents convaincus que c’est un système mieux équilibré pour les besoins de leurs enfants.

 

En fait, chacun à son point de vue et certains autoproclamés « experts » dans le domaine vont même mener une véritable croisade pour te convaincre des avantages certains du « mode de garde » le plus adapté.

Le tout partant, évidemment, d’un bon sentiment et offrant finalement une vision tout à fait personnelle de la situation.

 

En ce qui me concerne, c’est là que j’ai trouvé ma phrase à moi, qui me sert à rester sur MON chemin et à laquelle je fais appel dans les moments importants et difficiles :

« Tu es la seule responsable de ton bien-être ».

 

Du manque…..

 

Une fois cette première tempête essuyée et le choix de la manière dont on va « partager » les enfants fait, à la culpabilité vient s’ajouter cet horrible sentiment de « vide ».

« La moitié du temps, mes enfants ne seront plus avec mois……6 mois par an, 5 années sur 10 (pleurs, angoisses, sensation de vide, cœur arraché, piétiné, culpabilité).

L’enfeeeeeeer !

Mais……

 

Car il y a un mais

……petit à petit, si le vide est toujours présent, il se transforme aussi partiellement en temps pour soi.

 

Les angoisses laissent place à un esprit plus serein :

De la responsabilité, l’inquiétude et « la tête dans le guidon » permanente que l’on ressent quand notre enfant est là, à nos côtés chaque jour partageant ses temps de vie agréables comme plus difficiles (rires mais aussi pleurs, colères, prises de risque, maladie) ;

On passe, tout à coup, à un relâchement « forcé ».

 

Par la force des choses, vous apprenez à lâcher-prise car la situation vous contraint à faire confiance et à confier tout ce qui vous préoccupe habituellement à votre ex.

 

« Vous ne pouvez pas être angoissé par quelque chose dont vous ignorez l’existence ! CQFD »

 

Exemple : Votre petit dernier a eu de la fièvre chez votre ex et il ne vous en a pas informé?! Forcément, comme vous n’avez pas eu l’information, vous avez passé une semaine sans stress ni inquiétude sur le sujet.

 

 

Certains choisiront de voir cela comme une contrainte, une douleur et vont alors souffrir de l’absence et vivre dans l’angoisse de ne pas être là « quand il faut » pour leurs enfants.

C’est souvent le cas, au début au moins……

….puis d’autres, apprennent à découvrir ce lâcher-prise et l’acceptent comme une opportunité.

 

 

…..au « bol d’air » inavouable.

 

Et oui, j’ose le dire :

 

« C’est comme un relâchement ! Les responsabilités, soucis et organisation au cordeau qui s’éloignent avec les feux arrières de la voiture de votre ex qui emmène les enfants. »

 

Je ne vous dis pas que TOUTES les mamans ressentent ça ! Je ne me le permettrais pas !

 

Pendant longtemps, j’ai éprouvé une énorme culpabilité à ressentir :

  • Un certain lâcher-prise en déposant les enfants chez mon ex à la fin de ma semaine,
  • Un besoin de temps d’adaptation en les récupérant.

 

Mère indigne ?!

 

Comment avouer tout ça ?!

« Quel genre de mère je suis pour ressentir ce genre de choses ?! »

 

Et c’est la valse entre :

  • ce sentiment de liberté naissante plutôt sympathique que je découvre une semaine sur 2 : sans soucis, sans contraintes
  • cette culpabilité que je m’inflige de ressentir ce relâchement.

 

« Mais comment peut-on ne pas ressentir de stress en permanence en étant séparé de ses enfants ?!»

 

Si chacun a son propre ressenti et point de vue sur la situation, c’est parce que personne ne vit la même situation et chacun s’adapte et adapte son point de vue en fonction de son vécu personnel (et de sa personnalité).

Le temps d’adaptation c’est aussi pour maman.

 

Il y a un point que j’ai compris avec le recul, c’est que le changement, quel qu’il soit est perturbant pour tout le monde.

Si les enfants ont besoin d’un temps d’adaptation en passant d’un foyer à l’autre, il en est de même pour les adultes qui doivent « changer de peau » à chaque alternance.

 

Et lorsque sonne l’heure du retour tant attendu, l’impatience et la joie de retrouver ses enfants fait souvent rapidement place au stress (avalanche d’informations liées à la semaine passée sans eux à ingurgiter en un temps record) et à la frustration (« Et chez papa, on a fait çà et c’était trooooop génial ! »)

 

Alors, cet article je l’écris et le dédie à toutes les mamans et papas, divorcés, séparés, en situation mono parentale ou alternée, en cours de séparation OU ayant juste parfois envie de souffler et qui n’osent pas l’avouer de peur de passer pour des monstres….

 

Je voulais vous dire à quel point la vie est belle en famille et aussi en alternance :

C’est juste à vous de choisir comment vous voulez la voir et la vivre.

 

Et être parent en couple ou séparés après tout, c’est une aventure magnifiquement imparfaite et c’est çà qui la rend si belle.

 

Et si chacun avait le droit de le vivre à sa façon !

 

Mes plus beaux retours sont ceux des principales intéressées par la situation :

mes filles.

 

Grâce à elles, j’ai compris que quand je suis heureuse, elles le sont aussi.

Le meilleur choix, à mon sens, que je puisse faire pour leur permettre de s’épanouir est de m’autoriser le droit de vivre et de ressentir les choses à ma façon !

 

Et si ce lâcher-prise forcé était une belle opportunité de réaliser à quel point en prenant du temps pour soi, les bénéfices sur notre bien-être profitent naturellement à toutes les personnes qui nous sont chères !

9 thoughts on “Maman en alternance: la valse des sentiments.”

  1. Je crois que vous venez de me sauver la vie …. après 5 ans de culpabilité à penser que j’étais une mauvaise maman parce que j’osais m’accorder du temps pour moi…. je lis je relis votre article je vais l’imprimer et le relire encore et encore chaque fois que je vais baisser les bras pour enfin relever la tête …. merci

    1. Je suis heureuse d’avoir écrit cet article ne serait-ce que pour ce beau retour: ça me touche beaucoup de savoir que cet écrit vous a fait prendre conscience que vous n’étiez ni seule, ni coupable! Et, oui, vous pouvez relever la tête!

  2. Bonsoir. J ai la garde de les fils. Je les aime par dessus tout et je suis infiniment heureuse de les avoir. Mais comme leur père ne les prend pas du vendredi au lundi matin comme prévu mais jusqu’au dimanche soir, je n ai que deux petits soirs pour vivre ma vie de femme, souffler me reposer, décompresser. Je culpabilise aussi mais être parent seul c est plus difficile que d être parents à deux. Alors merci pour ce superbe article.

  3. Après 17 ans à gérer seule tout ce qui tenait aux enfants et au rythme de vie (cours de danse, rendez-vous médicaux, anniversaires et autres invitations, mais aussi devoirs, sorties scolaires, vite, il est tard, il faut les mettre au lit, qu’est-ce que je fais à manger?)… j’ai ressenti un grand vide quand nous avons commencé l’alternance, coup de cafard le vendredi soir quand je me retrouvais à nouveau toute seule, mais aussi le soulagement de ne plus avoir à vivre à leur rythme, de pouvoir sortir, manger quand je veux…).
    Votre article décrit bien cette réalité. Merci!

      1. Superbe article pour lâcher prise. J’ai refusé la garde alternée pour mes trois enfants. Ma fille refuse de dormir chez son père, les garçons y vont par obligation. Garde alternée, oui, si les deux parents sont responsables, matures et dans une coopération pour le bien être des enfants . Si l’un des deux profite , dicte ses règles et impose sa loi l’autre, c’est l’enfer et c’est trop de travail en peu de temps. Parfois, la garde complète est plus génératrice de lâcher prise. Comme vous le dites, chacun le vit à sa façon et voir le positif est la meilleure façon de lâcher prise. Belle expérience à tous pour vivre une vie sans culpabilité quelle que soit la situation.

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