Le meilleur de moi-même

De messages sans réponse, en invitation déclinées et rendez-vous ratés, il semble que le brouillard tombe sur notre amitié.

S’il continue à s’épaissir, sans que nous n’y prenions garde, nous finirons par nous perdre de vue.

« Faut-il le redouter ou le regretter ? »

Je ne saurai le dire.

Sans doute est-il trop tôt pour le savoir.

Pour moi

 

Notre amitié est si belle.

Elle réchauffait jusque là mon cœur : nos rires nous colorant les joues et nos conversations nous musclant le sourire.

 

Je cogite

 

« Se passerait-t-il quelque chose que j’ignore ?

 Serais-tu, à ce point, plongée dans les difficultés pour ne plus répondre ? »

 

J’avoue que ton silence m’intrigue et m’attriste.

 

« Dois-je insister et te rappeler, encore une fois ? »  

 

Notre amitié est solide et authentique.

Tu sais que je ferai de mon mieux pour te soutenir si tu en as besoin.

 

Ta liberté

 

J’ai aussi conscience que l’amitié est  libre et qu’en devenant contrainte, lourdeur, elle perd de sa solidité et de son attrait.

Je n’aime pas l’idée de devenir un boulet à ton agenda et pour toi.

 

« Est-ce le cas ? »

 

Je m’en pose des questions!

 

Parce que je subis cette situation, parce que tu me manques et que j’aimerai comprendre.

 

« Alors, que faire ? »

 

Faire comme si

 

« Est-ce que je dois faire comme si cela n’avait pas d’importance ?

Passer à autre chose ?

Te laisser revenir….ou pas ? »

 

 On peut essayer

 

Un peu comme un couple qui se sépare et fait un break sans vraiment avoir la certitude de se retrouver.

 

Pourtant, je sais bien que cela me chagrine de faire semblant.

Ce temps ou nos conversations ensoleillaient nos journées me manque.

 

« Nos chemins doivent-ils s’écarter pour un temps ?

Ou nous sommes-nous déjà offert mutuellement tout ce que nous pouvions ? »

 

Une nouvelle page

 

Sans doute, est-ce une façon de grandir que d’admettre que c’est peut-être juste une page qui se tourne.

Peut –être est ce simplement le signe que nous entrons respectivement dans une nouvelle phase de nos vies.

 

Faire d’abord le vide pour pouvoir accueillir le neuf… quel qu’il soit !

 

Vu sous cet angle, cela semble même une bonne idée.

Mais c’est plus fort que moi

 

Je tourne et retourne la question dans tous les sens.

Je cherche où et à quel moment, j’aurais pu te blesser ou t’offenser.

 

« Si c’est le cas, j’en suis désolée ! »

 

Tu sais combien mes gros sabots peuvent être lourds parfois.

J’aimerai tant que tu trouves la force de me le dire sans peur si c’est le cas.

 

Sans toi

 

Ces derniers mois ont été un peu lourds à porter.

Dans cette période si particulière où les épreuves et les choix cruciaux se sont imposés à moi, ton avis, ta présence m’auraient été précieux.

Nos conversations m’auraient sûrement aidée à cheminer.

 

Je me découvre 

 

Paradoxalement, je réalise que ton silence m’a aussi aidé à prendre confiance en moi.

Les choses se sont passées.

J’ai réussi à avancer, à m’en sortir sans te voler ton temps.

Comme si ce silence m’aidait à progresser.

 « On n’en a jamais fini de grandir. »

 

Notre amitié était franche et mordante. Elle ne doit pas se déguiser en béquille.

 

Ton silence m’incite à aller chercher une meilleure version de moi, à me découvrir sans filet de sécurité.

 

Le meilleur de moi-même

 

Même à distance, et peut-être malgré toi, tu restes ce que Georges Brassens appelait « l’amie du meilleur de moi-même. »

 

J’ai la chance de te connaître, d’avoir partagé ton chemin pendant quelques années quoiqu’il advienne.

 

Les silences d’aujourd’hui n’enlèvent rien aux partages d’hier.

Accepter l’un pour savourer l’autre.

 

C’est la période des vœux

 

A toi, mon amie, je te souhaite (tout comme à moi et à vous qui me lisez) de garder l’essentiel et lâcher le superflu.

 

 

4 thoughts on “Le meilleur de moi-même”

  1. Bonsoir,

    merci pour cette belle écriture.
    En la lisant j’ai l’impression d’en être un peu l’acteur tellement je peux m’y identifier.

    Bons voeux
    Stéphanie

  2. Accepter que l’amitié évolue parfois pour se dissoudre, n’est pas du tout confortable. Les circonstances de la vie éloignent parfois. On peut avoir partagé des moments forts pendant des années, et puis un déménagement, une rencontre amoureuse, peuvent rebattre les cartes et bouleverser le jeu. Cette prise de conscience est douloureuse, c’est un deuil à vivre. Restent les moments partagés. Et aussi les nouvelles découvertes, et les nouvelles amitiés à venir…

    1. Oui, absolument 🙂 Vous avez raison :  » Restent les moments partagés, et les découvertes… », j’adore l’optimisme de votre façon de voir les choses 🙂
      Merci de votre commentaire
      Helene

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