« Qu’est-ce qu’elles ont grandi ! »

En tant que parents, nous nous faisons souvent cette réflexion :

« Le temps file ! »

Si je ne vois pas toujours à l’œil nu mes fillettes grandir au sens physique du terme, la réalité à vite fait de me rattraper par le biais d’un pantalon trop court ou un t-shirt trop étroit.

Cette évolution, je la vois tantôt comme une libération, tantôt comme une déchirure selon le point de vue que j’adopte.

Car les voir grandir sous-entend quelque part aussi, au fond de moi, qu’un jour, elles vont partir.

 

Rappel à l’ordre

 

Le quotidien passe. Les jours s’enchaînent.

La course folle.

Lever de tout ce petit monde. Habillage de la plus petite.

Coiffure.

Petit-déjeuner.

La chaîne infernale : école-travail- école-repas-école-travail-école-goûter (mon métro-boulot-dodo à moi)

 

Et avant que j’ai eu le temps de m’en rendre compte, ma dernière a du mal à ôter sa veste (achetée il y a à peine quelques mois) parce que :

« Ca coince au niveau des bras, maman ! C’est trop dur de l’enlever. »

 

Ma grande me taxe mes chaussettes et je lui refile mes soutien gorges trop étroits ainsi que les t-shirts achetés dans une taille un peu trop moulante pour moi (« un moment d’égarement sans doute cet achat »).

 

« Il faut vraiment que je me dégage du temps pour faire le tri dans leurs placards. »

 

Encore ?

N’y ais-je pas déjà accordé toute une demi-journée il n’y a pas si longtemps ?

 

« Le temps file ! »

 

A cet instant, je prends évidemment conscience qu’elles ont grandi.

Oui, c’est vrai.

Mais affairée à réorganiser leurs placards et gérer leur quotidien, je ne m’octroie pas le temps de mesurer ce que cela représente réellement.

 

Ce que le temps m’a volé

 

Toutes ces petites choses propres à l’enfance et si « mignonnes ».

Les mots du quotidien mal prononcés qui font sourire.

 

« Tu vas au Travave maman ? »

« Je peux encore avoir du Petchup stp ? »

 

On les corrige souvent pour le 1er enfant, trop affairé à modeler notre bambin pour qu’il parle correctement.

Puis le temps nous apprend avec les suivants que ces petits « défauts » sont justement précieux et qu’ils nous rattachent encore pour un temps à ce monde de naïveté et de beauté qu’est le monde des enfants.

 

Je pense aussi souvent à cette petite fille si pleine de vie qui sortait de l’école en s’égosillant :

« Mamannnnnn ! »

Cette petite fille qui voulait toujours me parler, jouer avec moi et pour qui je n’avais pas toujours de temps.

Aujourd’hui, ce temps je me le dégagerai bien volontiers mais elle a évolué et c’est à ses amies qu’elle raconte ses journées.

Cette complicité là est dépassée. Elle est écrite sur une page désormais tournée que je relis parfois dans mes souvenirs avec tendresse.

 

J’aurai encore des milliers de choses à ajouter à la liste des doléances que j’ai envers le temps.

Mes bébés grandissent et avec chaque étape franchie, s’en vont de mon quotidien, des détails qui sont précieux à mon cœur de mère.

Des mots, gestes, rires d’enfants devenant tour à tour, fillettes, adolescentes, bientôt femmes.

 

Ce que le temps m’offre

 

Et  je découvre avec plaisir qu’à chaque page tournée, une nouvelle s’écrit, si on se donne la peine de s’y ancrer sans trop souvent se retourner ou encore se projeter.

 

Chaque jour, chacune de mes puces fait vivre de nouveaux détails à mon quotidien.

Et quand je prends le temps de les admirer, je vois naître une nouvelle complicité.

Un lien différent avec chacune à chaque âge.

Comme un renouveau qui me nourrit, me fait avancer.

 

Aux amies de mon ainée, je dis « merci » de jouer ce rôle que je ne peux plus jouer car chaque âge à ses besoins et ceux-ci ne sont plus de mon ressort.

Au temps, je dis « merci » de me laisser découvrir chaque jour que mon rôle de mère est bien plus riche et vivant que je n’aurai pu l’imaginer.

A vous toutes qui me lisez, je dis « merci » de partager avec moi ces questionnements sur notre rôle de mère, ses moments de tristesse et ses joies inexplicables et indescriptibles.

 

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