Cette manie de coller des étiquettes sur tout le monde

Trop grosse, trop petite, trop sympa pour être honnête, trop belle pour être intelligente…

Et j’en passe….

 

C’est un besoin viscéral, une habitude bien ancrée que nous avons de toujours tout catégoriser.

D’un simple coup d’œil, ou après un bref échange, nous cataloguons.

Et parfois même, après certains évènements, nous changeons les personnes de rubriques selon qu’elles nous aient agréablement surpris ou, au contraire, déçus.

 

Pourquoi faisons-nous cela

 

On nous l’a appris.

Depuis toujours.

Ca fonctionne comme ça.

 

Catégoriser, coller des étiquettes, nous rassure, nous donne des repères.

Mais aussi, cela nous permet de nous sentir mieux parfois.

 

« Elle est incapable d’être discrète. Moi, ça ne me viendrait pas à l’esprit un tel comportement ! »

« Elle est maladroite. Moi, ça, j’y arrive ! »

 

Catégoriser, permet donc de se comparer.

Se comparer pour se rassurer.

 

Mais il y a un effet pervers à ce mode de fonctionnement.

 

Le retour du boomerang

 

Catégoriser les autres, en son âme et conscience, implique que nous savons également que les autres font de même avec nous.

Et cela développe un sentiment bien connu de tous : la peur du regard des autres.

 

Evidemment, plus notre jugement envers les autres est dur et plus nous craignons le leur.

Inconsciemment, nous nous disons qu’ils sont capables d’autant de dureté que nous.

 

Alors, commence un cycle d’épuisement sans fin :

  • La peur d’être jugée d’être une mauvaise mère parce que nous jugeons les autres mères quand elles se comportent avec leurs enfants d’une manière que l’on considère comme inappropriée à la situation.
  • La peur d’être jugée sur notre aspect parce que nous jugeons la tenue, le laisser-aller, l’aspect négligé chez les autres.
  • La peur d’être jugée en fonction de ce que l’on possède ou non parce que nous critiquons ceux qui flambent ou au contraire les radins.
  • La peur d’être jugée sur le comportement de nos enfants parce que nous sommes les 1ers à avoir un avis sur « ce gamin impoli qui est venu jouer aujourd’hui » et donc sur l’éducation qu’il reçoit à la maison.

Et plus, nous collons des étiquettes aux autres et plus nous avons peur qu’on nous en colle.

 

Et nous transmettons à nos enfants cet apprentissage de l’étiquetage comme un héritage naturel.

 

Et alors ?

 

Que faire ?

Comment améliorer les choses ?

Est-ce possible de faire évoluer un mode de fonctionnement qui est presque inné ?

Et surtout pourquoi le ferais-je ?

 

Et bien, j’ai appris avec le temps à comprendre que nous étions un mélange de plein d’étiquettes.

Que nous pouvons en coller, à condition de garder à l’esprit que cette étiquette ne représente qu’une infime partie de la personne sur laquelle nous la collons.

Que chacun est unique et ne peut donc pas être répertorié sous une étiquette précise.

 

D’ailleurs, ces étiquettes que nous collons seront peut-être obsolètes d’ici quelques heures, quelques jours, quelques années ou dans un autre contexte.

Ex : Un enfant jugé « malpoli » parce qu’il n’a pas dit « Bonjour » (par timidité peut-être ou autre) pourra être jugé comme « adorable » 10 minutes plus tard par une autre personne qui aura su le mettre plus à l’aise ou aura eu à faire au même enfant moins fatigué ou plus détendu.

 

Pourquoi essayer d’adapter son point de vue et apprendre à ne plus catégoriser les personnes ?

Quel intérêt ?

 

Et bien parce que nous passons sans doute souvent à côté de belles personnes chaque jour.

De belles personnes qui sont cachées derrière cette étiquette qu’on leur a collée, à un moment de leur vie, et dont elles ne parviennent plus à se dépêtrer.

Trop froid, trop prétentieux, trop à l’aise, grande gueule, clown de service….

 

Un jour, j’ai croisé le chemin d’une personne qui a changé ma vie par une simple phrase et aujourd’hui je voulais vous la partager à mon tour :

« Sois moins dure avec les autres et tu parviendras à être moins dure avec toi-même et à apprendre à t’aimer. »

 

Merci à toi, tu avais raison.

 

 

2 thoughts on “Cette manie de coller des étiquettes sur tout le monde”

  1. Toujours aussi intéressant tes articles ma belle Nadine ! Et tellement juste !
    Bisous du cœur
    Catherine

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