Il y a des matins, c’est franchement Rock’n Roll

05h00

Marième gémit.

Je me lève pour lui remettre sa tétine.

Elle se rendort sur le coup.

 

Mais moi, j’ai le malheur de regarder l’heure et de calculer qu’il ne me reste plus que 1h45 de sommeil…

Alors commence une lutte avec le temps pour retrouver le sommeil avant que le réveil sonne.

 

07h00

J’ai enfin réussi à émerger.

Difficile quand on vient à peine de retomber dans le sommeil il n’y a pas si longtemps.

 

Les bras de Morphée étaient particulièrement puissants au moment où le réveil à sonné.

Je prépare le petit déjeuner et essaie de motiver Soussou pour qu’une céréale ne l’occupe pas pendant un quart d’heure.

Je mange ma brioche tout en donnant le biberon à Marième.

Shiva n’aurait pas fait mieux.

 

07h20

Marième vomit son biberon (elle a une bronchiolite depuis deux jours).

Je l’amène à son père, implorant de l’aide.

Il lève une paupière puis la referme.

 

Ayant grand besoin de me laver et de quitter mon pyjama parfum lait caillé, je finis par dire à Alpha que s’il ne m’aide pas :

  • le salon transformé en baignoire de vomi va pourrir,
  • notre caution y restera car il faudra changer toutes les lattes du parquet,
  • notre canapé, déjà en instance de décès, sera alors bon pour la décharge.

Ca semble stimuler mon cher époux qui prend vomito sous son aile pour la débarbouiller (elle a du vomi jusque dans les yeux).

Je retourne au salon pour éponger tout en finissant mon jus d’orange et poussant Souadou à ne pas faire une pause entre chaque gorgée de lait qu’elle daigne avaler.

Enfin, je l’habille (ce n’est pas qu’elle ne sache pas le faire seule mais il lui faut une heure).

 

Comme elle est debout, je la déséquilibre en lui enfilant sa culotte et elle me dit très sérieusement :

« C’est pas pratique pour le Rocken ».

Je ne cherche pas à comprendre tout de suite, sachant qu’il est déjà 7h55 (soit 5 minutes avant mon potentiel départ) et qu’il n’y a qu’une improbable chance que ce ne soit pas un mot inventé avec une signification pour le moins cosmique.

 

Mais, elle réitère… 5 fois.

J’en déduis qu’il est primordial pour son développement personnel que je m’intéresse à la signification de cette expression.

 

Donc :

 « C’est pas pratique pour le Rock’n’roll » me dit-elle avec le plus grand sérieux…

– « Mais ma puce, tu connais le Rock’n roll toi ? »

– « Oui maman, tu m’en as parlé à ma naissance »…

Le temps que se termine cet échange intense il est déjà 08h05.

Je devrais déjà être dans le bus mais je ne peux pas faire l’impasse sur la douche.

 

08h20

Je suis dans le bus et je me demande quelle excuse je vais pouvoir inventer à Voldemort la cheftaine pour qu’elle me laisse en paix….

Mais peut-être que le plus simple c’est de lui dire la vérité : parler de vomi permet de tenir les gens en respect, surtout en ces temps troubles de gastros.

 

09h05

Finalement j’arrive au boulot…

Cà, c’est rock’nroll ma fille !

 

Par Coralie Bardel

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