« Hop hop hop, maman est pressée! »

J’avoue : le matin particulièrement, je suis une adepte du vite fait, bien fait.

Pas vous ?

 

Je suis, d’ailleurs, particulièrement efficace sur ces premières heures de la journée.

En 1h 30, avant que mes enfants ne se lèvent, j’ai un rituel bien huilé : je me douche, me maquille, ouvre tous les volets, nourris le lapin, change sa litière, mets du bois dans la cheminée, vide le lave-vaisselle lancé la veille au soir, lance une machine, presse les oranges pour mes deux plus petites et prépare le goûter et le sac de la dernière pour l’école.

 

Bref, je gère tout !

 

Comprenez-moi bien.

Je sais prendre du temps pour encourager l’autonomie et le développement de mes enfants.

Evidemment, on m’a appris que ce n’était pas bien de toujours tout faire à la place des autres.

J’ai bien compris mais (car il y a un « mais ») dans certains cas, c’est plus fort que moi.

 

Ce que je sais

 

J’ai été manager pendant 17 ans et je suis coach / hypnothérapeute aujourd’hui.

Le développement de l’autonomie et de la responsabilité, j’en connais un rayon puisque je forme encore des personnes sur le sujet à ce jour.

Donc, d’un point de vue théorique, j’ai bien conscience qu’ensemble on va plus loin.

Et je sais que faire à la place de…. pour aller plus vite règle le souci à court terme mais l’amplifie à long terme.

 

Professionnellement, cette théorie est devenue une pratique avec le temps de plus en plus fluide pour moi.

Mais je ne la trouve pas si évidente à mettre en place dans ma vie personnelle.

Pourtant, l’éducation des enfants et le management ont tant de similarités que j’ai souvent pensé que mon job serait clairement un atout pour mon rôle de mère.

« Tu peux t’brosser Nadine ! »

 

Etre maman, c’est un job à part.

 

Mes filles, je les aime plus que tout au monde.

Et c’est pourtant avec elles que je m’autorise à laisser le plus mes émotions transparaître.

Non sans culpabilité, évidemment.

 

Mais si vous avez déjà lu des sujets sur la figure d’attachement, vous vous direz peut-être, comme moi qu’il y a sans doute un effet miroir dans tout ça !

Les enfants déchargent leurs frustrations, leurs émotions en présence de la personne avec laquelle ils se sentent le plus en confiance car ils savent inconsciemment que celle-ci les aimera malgré tout et comme ils sont sous tous leurs aspects.

Peut-être faisons-nous pareil avec nos enfants ?

Dans ces moments où je me sens stressée, pressurisée, il n’y a qu’avec elles que je me permets de m’exciter comme ça.

 

Ce que je fais

 

« Laisse je vais le faire »

 

Ce matin encore, mes pensées envahies par mon agenda hyper timé de la matinée, j’exhorte ma fille à mettre ses chaussures.

 

A posteriori, je sais à quel point c’est ridicule de s’exciter sur une fillette de 5 ans parce qu’elle n’est pas aussi rapide dans l’exécution de « ses tâches du matin » que maman.

Je sais aussi que si je mets ses chaussures aux pieds à ma fille alors qu’elle sait et veut le faire, c’est comme si je lui criais :

« Tu n’en es pas capable !

Tu es trop lente »

 

Bien sûr, ce n’est pas ce que je veux lui faire passer comme message mais à cet instant précis, dans ma tête, chaque minute compte.

« On a pas le temps ! 

Hop hop hop, donne ton pied

Je suis pressée»

 

Après coup

 

Le stress passé, perdue dans mes pensées sur la route, je vois un automobiliste « fin excité » me dépasser en trombe alors que je roule à une allure plus que normale.

Il manque de peu d’arracher une aile de ma voiture, obligé de se rabattre brusquement pour éviter la voiture qui vient en face.

« Quel con ! Tout ça pour gagner 2 minutes ! »

Le voilà maintenant coincé derrière un camion et moi j’ai les jambes qui tremblent parce qu’il m’a fait peur.

« Tout ça pour ça ! »

 

Je me surprends à imaginer ce qui l’a poussé à prendre de tels risques :

  • Une femme à ses côtés qui est sur le point d’accoucher ?
  • Une personne proche à aller voir d’urgence car souffrante ?
  • Un boss hargneux qui ne tolérera pas une minute de retard à la réunion du matin ?
  • Un agenda serré qui le met sous pression et chaque minute compte?

 

Et moi ?

Qu’est-ce qui m’a poussée ce matin à envoyer une fillette de 5 ans à l’école avec une pression démesurée ?

 

Pourquoi je veux que ça aille vite ?

 

Le sujet a été abordé en long, en large et en travers : la charge mentale.

Toutes ces choses auxquelles je dois penser !

 

Et j’ai beau planifier, anticiper :

« Ce n’est jamais assez ! »

 

Trottent, trottent, dans ma tête comme la trotteuse régulière, implacable de la montre, ces idées, ces tâches que je ne dois surtout pas oublier sous peine de………

« Mais oui, sous peine de quoi au fait ?! »

 

Sous peine de me planter, évidemment :

De ne pas être à 100%

 

Alors, si vous voulez en savoir plus,  je vous raconte dans cette vidéo comment je relâche la pression pour que la femme parfaite laisse place à celle magnifiquement imparfaite.

Celle qui est prête à laisser ses enfants trainer un peu et mettre quelques imprévus dans sa journée sans que la tension monte.

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