Quand le masque tombe : est-ce une bonne chose pour mes enfants ?

J’ai honte.

Je culpabilise.

Et notamment quand mes nerfs lâchent.

« Suis-je un bon exemple pour mes filles quand je doute, quand je m’effondre? »

 

C’est vrai. On parle sans arrêt Du fait que les enfants grandissent par mimétisme.

Comment mes filles peuvent-elles se construire convenablement avec sous les yeux une mère « qui ne se gère plus » parfois ?

 

Je parviens à me contrôler la majorité du temps mais parfois quelque chose ou  quelqu’un tape « là où ça fait mal » ou « fait déborder le vase » et alors je ne gère plus rien.

C’est la catastrophe.

 

Ca arrive !

 

OK.

Ca arrive, je peux l’entendre.

 

Mais ce n’est pas tant cette perte de contrôle qui me chagrine.

J’ai honte et c’est ça le vrai problème.

 

Honte de ne pas avoir pu me contenir, de « craquer », d’être « faible ».

Mais j’ai aussi honte que ce soit mes enfants qui viennent se coller à moi pour me consoler.

 

Quand je vois mon petit bout de 4 ans me caresser le bras comme « une maman le fait avec son enfant », j’ai le tournis.

C’est comme si les rôles étaient inversés et  que je mettais sur les épaules de ce petit bout de fillette un poids qui est le mien.

 

Ne parlons pas de ma fille cadette qui est empathique au possible et qui se met à pleurer dès qu’elle voit maman qui s’effondre.

 

Ca n’arrive pas souvent.

Peut-être est-ce ça le problème ?

 

Maman est un roc. Elle a toujours les réponses.

Maman prend des décisions, organise, court dans tous les sens pour que tout aille bien pour tout le monde.

 

Un enfant doit pouvoir compter sur sa maman : c’est son phare.

 

Comment mes filles pourront-elles se repérer dans les moments difficiles, dans le noir si le phare se met à émettre en discontinu, si la lumière se met à vaciller ?

 

J’ai bien conscience qu’il s’agit là d’une croyance.

J’ai appris à faire tomber mon masque de rigidité pour laisser entrevoir l’humanité.

 

Mais si je sais que montrer ses failles et son humanité est une bonne chose, si je sais qu’il s’agit juste d’une croyance sur mon « devoir de mère », alors pourquoi est-ce que je continue à ressentir cette honte, cette culpabilité ?

 

Facile à dire

 

C’est tellement facile de comprendre les choses, de prendre des résolutions.

C’est tellement difficile de les mettre en application.

 

Alors, comment faire pour se libérer de ce sentiment de honte que je ne maîtrise pas ?

 

En ce qui me concerne, j’ai découvert que ce problème n’était en fait qu’un symptôme.

J’ai compris que j’aurai beaucoup de mal à me libérer de ces sentiments qui m’empêchent d’être moi, d’être une maman simplement humaine avec tous ses aspects si je ne travaillais pas sur l’origine du problème.

 

Et j’y travaille encore….

 

A chacun ses blessures.

Les miennes m’ont conduite à vouloir tout contrôler au maximum pour limiter les moments de faiblesse, de vulnérabilité, dans lesquels je me sens honteuse ou coupable.

 

Je travaille donc sur l’origine de mes blessures mais aussi sur cette capacité à lâcher prise et à faire tomber ce masque pour me montrer telle que je suis avec mon lot de dons et d’imperfections.

 

Mes anges gardiens

 

J’ai la chance d’avoir trois filles.

Et dans mes moments de doutes, il y en a toujours une pour me sortir la tête du guidon.

 

Oh ! Elles ne le font pas toujours sciemment.

C’est ça qui est beau d’ailleurs.

 

Elles m’aident justement avec leur simplicité, leur fraîcheur.

Cette candeur qui laisse encore place à un équilibre naturel balançant du côté de la richesse du cœur et moins vers les peurs, raisonnements et autres nœuds au cerveau.

 

« Mais tu sais maman, moi je vois tout ce que tu fais et je sais que tu es une super maman.

Et toi, tu le sais ? »

 

Alors certains diront que ce n’est pas le rôle d’un enfant de consoler sa maman.

Peut-être ont-ils raison, peut-être non.

 

Est-ce du soutien ou simplement un témoignage d’amour ?

Est-ce un aveu de faiblesse de montrer ses failles à ses enfants de temps à autre ou de la communication ?

Est-ce si malsain de montrer « son humanité » ?

 

Pendant trop longtemps, j’ai eu honte de me faire rassurer par les personnes sur qui j’étais « censée » veiller.

Une maman, ça n’a pas le droit de montrer ses faiblesses.

C’était ma croyance.

 

Aujourd’hui, je m’en libère.

Mes filles m’en guérissent.

Par leur aptitude à dire simplement les choses, à montrer leur vulnérabilité, elles m’inspirent.

 

Et si les enfants étaient plus « dans le vrai » que nous ?

 

Si en étant pas encore « façonnés » et en s’autorisant encore à être eux-mêmes, ils nous montraient le chemin à suivre.

 

C’est parfois une question que je me pose.

Et vous ?

 

2 thoughts on “Quand le masque tombe : est-ce une bonne chose pour mes enfants ?”

  1. Très beau texte! Je pense que, en tant que maman, nous avons le droit, et peut-être même le devoir, de montrer à nos enfants que nous pouvons être « faibles ». Car ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. Et en le sachant, nos enfants ne se sentiront pas/plus/moins coupables/honteux, lorsqu’ils auront un coup de blues….

  2. Bel article,
    Il me semble important de se souvenir que le phare a la particularité d »émettre un signal discontinu qui fait de lui un phare unique et reconnaissable… Alors oui il est indispensable aux enfants de savoir que maman n’est pas parfaite, d’autant que vous les élevez avec ce droit à l’imperfection….
    Beau chemin!
    Beau dimanche!
    Et Merci pour ce blog!

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