Débordée

« Attends, je regarde si j’ai un créneau ! »

 

Comme une forme de satisfaction me gagne en énonçant ces mots. Je suis une femme occupée !

L’expression « agenda de ministre » est même devenue récurrente dans mon langage.

 

Et je découvre, avec le recul, que cette chose qui était censée m’aider à me sentir bien est exactement celle qui me détruit : l’activité.

Ou plutôt, l’hyper activité.

Car soyons clair, derrière ce mot devenu banal, se cache bel et bien une addiction.

 

L’addiction à l’action !

 

Inutile

 

Il  y a eu toute cette période (qui m’a semblé durer une éternité) pendant laquelle je me suis sentie inutile.

« Ah oui ! T’es à la maison ?! C’est bien !

Tu peux profiter de tes enfants. Tu as de la chance ! »

 

Comment aurais-je pu avouer que je me sentais incapable de profiter de ce temps qui m’était offert et où je pouvais enfin partager des moments avec mes enfants alors que je me plaignais quelques mois avant encore de mon rythme de travail trop intense ?!

 

Malgré moi, je me sentais comme coupable. Fainéante ou un truc dans le genre.

Je ne m’autorisais pas à me poser.

Toujours cette petite voix dans ma tête qui me culpabilisait si je me permettais de poser mes fesses autrement que pour déjeuner.

« Si déjà tu es à la maison. Faut que ce soit nickel !

T’as que ça à faire ! »

 

La moindre remarque de mon mari sur une tâche qu’il repérait à faire et j’avais le sentiment qu’il me faisait un reproche. Ca fusait direct !

« Tu crois que je me tourne les pouces ou quoi ! »

 

C’était comme si je me sentais alors obligée de justifier mon labeur, mon utilité. Je lui déroulais toutes les petites tâches ingrates et secondaires que j’avais enchainées au cours des dernières heures avec un avide besoin de reconnaissance qu’il était bien incapable d’assouvir à son grand désarroi.

 

Un sens à ma vie

 

Alors quand mon boulot a commencé à décoller, je me suis sentie mieux.

J’ai commencé à me sentir à nouveau utile et j’ai enchainé les projets, les uns après les autres.

 

C’est comme si le fait de ne plus avoir le temps était synonyme de réussite.

 

Mais bien sûr, ce rythme, grisant au début, devient usant au fil des mois. Fatigue, stress, sentiment d’échec à ne pouvoir être sur tous les fronts de manière efficace.

Le chien qui se mord la queue !

Retour à la case départ !

 

« Mais qu’est ce qu’il faut faire alors pour aller bien !

T’en fais trop ça va pas ! T’en fais pas assez ça ne va pas non plus ! »

 

Rendez-vous avec moi-même

 

Il m’a fallu un coup de pouce inattendu pour comprendre de quoi je souffrais. Quelques mots qui ont tout déverrouillé : comme si depuis le début je m’acharnais à essayer d’ouvrir la porte avec la mauvaise clef.

 

« Cette addiction à l’action est née de mon besoin d’exister, d’être quelqu’un.

J’ai confondu Faire et Etre. 

L’action ne fait que flatter mon ego»

 

Sans doute parce que notre société veut ça !

On est plus souvent reconnus à travers ce que l’on fait qu’à travers ce que l’on est.

Et pourtant c’est dans cette distinction entre ces verbes que se cache la solution pour mon bien-être.

 

Apprendre à équilibrer le Faire et l’Etre.

Accepter de ne rien faire, régulièrement ! Comme un rendez-vous avec moi-même.

 

Alors, il serait tentant de dire que :

« Je n’ai pas le temps de prendre ce rendez-vous avec moi-même »

Trop pressée de venir à bout de toutes  ces tâches et espérant qu’en faire plus me rapprochera de ce temps de repos si convoité.

 

Mais je dois bien reconnaître qu’avec ces habitudes là, les résultats n’ont jamais été bien équilibrés alors……il est temps de prendre le temps !

3 thoughts on “Débordée”

  1. Nadine
    Tu sais trouver les mots justes pour décrire ce que tu ressens et c »est aidant pour ceux qui se reconnaissent dans cette course folle à l’action.
    La pleine conscience est pour moi une clé pour sortir de cette prison et respirer en prenant soin de moi et en profitant de chaque instant. Apprendre à aimer ne rien faire, faire beaucoup de pas grand chose. Bises
    Karine

  2. Nadine
    Comme d’habitude…tu vises juste…et tu touches
    On serait donc toutes faites à peu près du même bois ? Quelque part c’est plutôt rassurant.
    Mais ce qui vaut pour nous vaut pour la réaction de notre entourage familial ou professionnel
    Tout le monde devrait donc faire un pas de côté avec ses convictions, peut-être pourrions-nous alors lâcher prise.

    Au plaisir de lire tes prochaines publications

    Bises
    Pascale

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