A trop tirer sur la corde…

Nous vivons une époque où le développement personnel devient un créneau incontournable.

Chacun à notre manière, nous apprenons à trouver des outils pour prendre soin de soi que ce soit seul ou accompagné.

Et dans le domaine du bien-être, il y a un choix de méthodes, démarches, philosophies, thérapies tellement large que chacun peut s’y retrouver, aujourd’hui, s’il le souhaite.

 

Et pourtant

Malgré toutes mes bonnes intentions, malgré tous mes outils, je dois bien le reconnaître :

J’ai passé deux semaines la tête sous l’eau à me dépatouiller pour ne pas me noyer.

 

Quand tu touches le fond

 

Parfois je le vois venir !

Comme une lente descente que tu fais tout pour ne pas voir, que tu renies en faisant bonne figure et en te disant :

« Ca va le faire !

Demain ça ira mieux ! »

 

Et puis, tout doucement ça glisse.

Jusqu’au moment où ta positive attitude cède place à tout ce que tu pensais avoir laissé derrière toi suite à un long travail sur toi-même.

Lassitude, fatigue, ras le bol

Frustration mélangée avec de la tristesse et peut-être même une petite pointe de colère et d’ironie.

Un magnifique cocktail Molotov prêt à exploser à la tête du premier qui versera la goutte de trop sur cette pente glissante.

 

Le coup de massue

 

Mais cette fois, je n’ai rien vu venir !

Un coup de massue.

 

Comme une sensation d’être au taquet en me levant encore le matin et puis patatras

Un enchaînement de misères qui se met en place sans crier gare contre lequel tu luttes comme un pauvre bougre enlisé dans les sables mouvants.

Plus tu luttes, plus tu t’enfonces…youpi !

 

La corde

 

Après deux semaines de maux physiques divers ayant finalement eu raison de toute ma bonne volonté, je décide d’arrêter de mettre la tête dans le sable et de faire semblant d’être au top

Vilaine petite fille parfaite qui refuse de me laisser tranquille…grrrr !

 

J’appelle un ami qui lui aussi est thérapeute et je lui dis (encore un peu la tête dans le sable quand même) :

« Je vais bien hein !

Je sais pas trop sur quoi on va pouvoir bosser mais je sens que ça va me faire du bien de venir te voir. »

 

Après seulement 5 minutes de conversation, cet ami me dit en toute simplicité :

« Tu as trop tiré sur la corde, voilà tout ! »

 

Et je me retrouve face à moi-même en une fraction de seconde :

« Bah oui, il a raison !

Tu t’es oubliée ma vieille ! »

 

Tirer sur la corde renvoie à la notion de temps pour soi, de lâcher prise.

Et c’est rigolo (ou pas), ce sont mes cordes vocales qui m’ont lâchées en premier.

Ce qui ne m’a pas empêché de forcer.

 

En faisant toujours plus (miel, bonbon doux, boissons chaudes, eau…) pour toujours moins de résultats.

Jusqu’à ce moment de déclic ou j’ai accepté de lâcher.

J’ai arrêté de prendre des rendez-vous professionnels pour faire un vrai break et prendre soin de moi.

 

Pas à pas

 

Je suis certaine d’une chose.

C’est loin d’être la première fois que je me retrouve dans cette situation où je tire trop sur la corde jusqu’à ce que ce soit mon corps qui me stoppe dans ma course folle.

Mais c’est aussi, à coup sûr loin d’être la dernière 😉

Je dois encore et toujours apprendre à prendre le temps, prendre MON temps.

 

Mais l’essentiel est que je progresse au fil du temps.

Pas à pas, j’apprends et j’avance vers un équilibre balançant entre tension et lâcher prise.

Equilibre imparfait, c’est vrai, mais s’améliorant chaque jour un peu plus.

 

« Je compare la vie aux cordes d’un instrument de musique,
qu’il faut tendre et relâcher pour qu’elles rendent un son plus agréable. »

Démophile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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